Raphaël Reiter, Directeur Général d'ASSUREO
« Notre politique est de nous adresser à des assurés responsables »
Les prix des complémentaires santé ne cessent d’augmenter. Vous avancez qu’Assureo Santé est en moyenne 30% moins chère que les meilleurs contrats du marché, à garanties équivalentes. Comment expliquer cet écart de prix ? Le prix d’une complémentaire santé se divise entre la prime pure, les frais de gestion et les frais de commercialisation. Sur le premier critère, notre marge est assez faible. En revanche, comme nous faisons du 100% Internet, nos frais de fonctionnement et de commercialisation sont plus faibles, ce qui nous permet de proposer des prix plus attractifs, pour des garanties élevées.
Par ailleurs, notre politique est de nous adresser à des assurés « responsables », puisque nous avons supprimé le tiers payant pharmaceutique et mis en place d’une franchise forfaitaire. Je tiens à préciser que notre dispositif ne pénalise personne. Certes, les assurés paient le ticket modérateur, mais leur dossier est traité dans les 48h dès leur réception par l’assurance maladie, et ils ont donc la garantie d’être remboursés dans la semaine qui suit. Par ailleurs, la franchise sur certaines dépenses est de l’ordre d’1€ à 1,50€, ce qui ne peut être entièrement dissuasif.
Comment envisagez-vous votre rôle d’assureur santé ? Nous restons modestes, il ne s’agit pas de responsabiliser les assurés, mais je pense que notre offre intéresse les personnes responsables. Les assurances complémentaires santé doivent être là lorsque les gens en ont besoin : sur les dépassements d’honoraires et l’hospitalisation, notamment. Mais on ne peut rêver d’un dispositif qui rembourserait tout intégralement à un prix correct. Il faut accepter quelques contraintes économiques, c’est-à-dire accepter de payer de sa poche certaines dépenses, notamment celles qui ne sont pas régulières. Par exemple, sur l’optique, on ne change pas ses lunettes tous les ans. Est-ce que cela vaut la peine de payer une assurance complémentaire santé chère, pour un remboursement tous les 3 ou 5 ans ? Je ne le pense pas. En revanche, nous contrats compensent les dépassements d’honoraires, parfois exorbitants, et prennent en charge l’hospitalisation à frais réels.
Les cotisations des assurances santé sont taxées pour compenser le déficit de l’Assurance maladie. Qu’en pensez-vous ?
Je préfère le transfert de charge au principe de la taxe. Les pouvoirs publics avancent que les mutuelles ont suffisamment d’argent pour payer une taxe sans augmenter leur prix. Sauf que cela ne fonctionne pas de cette manière et que les assurés paient, quoi qu’il arrive, le déficit de l’Assurance maladie. S’ils ne le faisaient pas en payant plus cher leur assurance santé, ils le feraient en payant plus d’impôts.
Propos recueillis par Laure Kepes