Assurance emprunteurs : UFC-Que Choisir réclame une assurance universelle ouverte à tous
Entrée en vigueur en janvier 2007, la convention Aeras, destinée à favoriser l’accès au crédit aux personnes présentant un risque aggravé de santé, est loin de répondre aux attentes des consommateurs, estime UFC-Que Choisir qui réclame une mutualisation totale du risque.
Depuis quelques années, UFC-Que Choisir a fait de l’assurance emprunteur un de ses chevaux de bataille. Cette fois-ci, c'est la convention Aeras (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) dont l’association de défense des consommateurs a voulu vérifier la pertinence. Selon une enquête qu’elle a réalisée entre novembre 2007 et janvier 2008 auprès de 625 agences appartenant aux principaux réseaux bancaires, cette convention est loin de produire les effets escomptés, et qu'obtenir un prêt reste une gageure lorsqu’on est en mauvaise santé. Ainsi, en dépit de l’engagement des banques à mieux informer les candidats à l'assurance emprunteurs, l’enquête a révélé que 87 % des agences ne disposaient d'aucun support d'information sur l'existence de la convention. Pis encore, 93 % des conseillers de clientèle ne l’ont jamais évoquée. Par ailleurs, UFC-Que Choisir a suivi 50 personnes présentant un risque aggravé de santé tout au long de leur démarche dʼemprunt. Au terme de ce parcours « semé d'embûches », 80 % des personnes suivies ont d’abord été refusées par l’assurance en raison de leur état de santé. Certes, certains ont fini par trouver des solutions, mais au prix de surprimes importantes (+ 200, voire + 300 % par rapport au tarif habituel), d’exclusions de garanties ou des 2. Au total, l’association estime entre 12 et 13 millions le nombre de personnes susceptibles d’être exclues pour raison de santé d'une assurance emprunteur et donc d'un prêt. Pour résoudre ce problème, UFC-Que Choisir estime qu’il faut « mutualiser totalement le risque, c'est-à-dire obliger les assureurs à faire rentrer dans les contrats de groupe les personnes avec un risque aggravé de santé aux mêmes conditions que les autres ». Selon Alain Bazot, président de l’association, cette obligation est d’autant plus souhaitable que les contrats d'assurance emprunteurs dégagent des marges particulièrement élevées : « 60 % au minimum, 80 % pour CNP Assurances qui contrôle 60 % du marché ». Pour concrétiser sa démarche, UFC-Que Choisir a envoyé un courrier dans ce sens aux ministres de la Santé et du Budget ainsi qu'au haut-commissaire aux solidarités actives.
A.G. avec Capa Conseil
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