Assurance emprunteurs : UFC Que Choisir attaque
UFC Que Choisir reproche aux banques de capter à leur profit près de 16 milliards d’euros de participation bénéficiaire, qui devraient normalement revenir aux assurés emprunteurs. L'association a gagné une bataille, mais pas encore la guerre. Mise au point.
UFC Que Choisir accuse les banques d’avoir détourné à leur profit et au détriment des assurés toute la participation bénéficiaire (PB) des contrats emprunteurs. Celle-ci est évaluée entre 1997 et 2007 à près de 16 milliards d’euros, dont 5 milliards d’euros pour les crédits à la consommation et 11,5 milliards d’euros pour les crédits immobiliers. Pour les assureurs vie, l’obligation de verser 90 % des bénéfices techniques et 85 % des bénéfices financiers ne s’applique que pour les contrats d’épargne en assurance vie. Ils défendent leur position en s’appuyant sur l’arrêté d’application de la loi, qui, selon eux, exclut de la PB, les contrats collectifs dont font partie les contrats d’assurance emprunteurs. UFC Que Choisir riposte en invoquant l’irrégularité de cet arrêté au regard de la loi. Le Conseil d’Etat semble lui donner raison en demandant au Trésor de revoir sa copie, sous peine de déclarer l’illégalité de l’arrêté. De fait, ce dernier a rédigé un nouveau texte entré en vigueur le 23 avril 2007 et stipulant que les participations bénéficiaires doivent revenir aux emprunteurs. Mais c’est une fausse victoire pour UFC Que Choisir et pour les assurés. La PB n’est en effet distribuable qu’au bout de 8 ans et reste compensable entre les différents contrats. En général, dans les contrats emprunteurs, les assureurs réalisent des bénéfices sur la garantie décès, mais des pertes sur les autres garanties (incapacité/invalidité) qu’ils peuvent inclure dans le calcul de la PB, afin de préserver l’équilibre global du contrat. En raison de cette inclusion, la part de résultat que les assureurs peuvent conserver a été relevée. Autant dire que les dispositions du nouvel arrêté limitent la part distribuable. Toutefois, en ne garantissant pas aux emprunteurs d’obtenir une participation bénéficiaire, le nouvel arrêté est controversé et fait l’objet d’une attaque en justice. La bataille est donc loin d’être terminée.
A.G Avec Capa Conseil |
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